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Gérard Thoris

J’ai découvert la magie des couleurs durant mes études supérieures. Cela n’avait rien à voir avec l’apprentissage de l’économie ou de la philosophie, qui sont mes spécialités universitaires. Mais le maniement des pastels était une forme de prolongement de la littérature, que je dévorais avec passion, et de la musique classique, que je découvrais avec vénération. Très vite, j’ai été attiré par la gouache, pour me fixer sur la peinture à l’huile. Rien de grand ne se fait sans le temps et, d’une certaine façon, les délais de séchage de l’huile sont aussi des temps de méditation sur une œuvre jamais achevée et toujours à reprendre. L’enthousiasme juvénile ne connaît pas les obstacles et, avec des amis, nous avons pu assez facilement monter une exposition qui connut un réel succès.

 

Mais une chose est d’être étudiant, une autre d’être enseignant. Lorsqu’on n’a pas assez de connaissance, il faut les acquérir ; lorsqu’on en a trop, il faut s’en dessaisir. A cette nouvelle école, je tâtonnais comme un enfant trébuche dans l’obscurité. Cette histoire-là aussi est un éternel recommencement. 

 

Le temps de tourner la page de l’enseignement, de renoncer à l’accumulation de tant de savoir, de s’ouvrir à nouveau, au mystère de l’être, était venu pour moi. Ce fut comme s’il fallait à nouveau apprendre à écrire, mais avec des pinceaux. Ce fut une nouvelle manière d’être en relation avec moi-même, de me donner le temps, de laisser librement monter l’indicible. Je rêve à nouveau de partager cette vision: que chacun se découvre en relation avec la terre matérielle dont il est issu, avec l’âme spirituelle qui l’habite, et l’Esprit qui purifie.

 

Que l’aventure est belle quand elle a son étoile.

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